Santana, Santana

La naissance d’un style

Même si on le confond avec le nom de son guitariste Carlos Santana, « Santana » fut avant tout un groupe né en 1966 à San Francisco. Sa particularité est de mélanger le rock avec la musique latine. Et oui, Carlos est mexicain quand même ! Dans une époque où le folk et le psychédélique dominent, le groupe a bien du mal à trouver des scènes. Mais l’arrivée de Bill Graham comme manager donna un élan incroyable ! Graham obtint un contrat avec Columbia, excusez du peu, mais surtout un passage au festival de Woodstock en aout 1969. La notoriété acquise propulsa l’album éponyme sorti dans la foulé en haut des charts américains.

Cet album est essentiellement instrumental. Santana était considéré comme un Jam Band… Un groupe se concentrant essentiellement sur de longues improvisations musicales durant lesquelles les instruments se répondent. Solos de guitare hallucinants, basse puissante, percussions afro et même orgue devinrent la marque de fabrique de ce groupe créateur du Latin Rock ! Les titres chantés connurent moins de succès même si Evil Ways est reconnu comme l’un des plus grands tubes du groupe.

Waiting pour ce mélange incroyable de rythmes afro, disco et jazz et ses percussions hallucinantes ;
Evil Ways, un blues latin précurseur ;
You Just Don’t Care, un pur blues qui dénote un peu de la globalité de l’album avec des riffs de guitare endiablés et une batterie très présente.


À première vu la pochette dessinée par Lee Conklin parait simple : le nom du groupe dans une typo psychédélique et un lion rugissant. La tête de lion est magnifique, certes, mais ce n’est pas tout. Regardez bien ! Une multitude de détails se cachent dans la crinière et la gueule de la bête.

Dans une symétrie parfaite, plusieurs visages se font face. Dans les sourcils du lion, 2 visages blancs nez à nez découpent deux autres profiles plus sombres qui, associés, forment un visage de face. On peut même distinguer, entre ces 4 visages, un personnage debout comme sur un nuage, les bras levés ! Si l’on regarde les yeux de plus près, on remarquent que les pupilles sont dessinées par deux visages hurlant, les cheveux au vent. En s’attardant sur les joues du lion, on peut noter que les moustaches sortent également de deux visages blancs. Entre ces deux derniers, le nez du lion dessine un dernier visage de femme noire penchée en avant. Suivez son regard dans la gueule du fauve… Les lèvres de l’animal dessinent des épaules, puis deux bras croisés sous la poitrine de la femme dont les tétons sont dissimulés par les canines inférieures. On peut également remarquer que les incisives prennent la forme d’un collier. Sous les bras croisés, la barbe du lion devient une jupe de paille. Sous la jupe, les deux jambes cachées dans l’obscurité sont alors évidentes… 

Une fois tous ces détails vus, cette pochette n’est-elle pas juste incroyable ? Un assemblage complexe et improbable qui forme un tout solide et puissant, à l’image de la musique de Santana !

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